Bernard Dufour

Immobilier au Québec: les ventes redécollent

Pendant l’été au Québec, après cinq trimestres consécutifs de baisse. Les ventes ont grimpé de 2% en moyenne et explosé de 17% dans la région minière de Rouyn-Noranda.

Ces données, publiées hier par la Fédération des chambres immobilières, font état d’une «stabilisation» globale du marché québécois, indique Hélène Bégin, économiste principale chez Desjardins. Selon ses calculs, le niveau des transactions se situe aujourd’hui dans la moyenne des cinq dernières années – exception faite de quelques villes en plein boom.

«C’est un marché qui revient vraiment à la normale, à l’équilibre, a-t-elle indiqué à La Presse Affaires. C’est une bonne nouvelle, surtout quand on regarde les prix qui sont surévalués à Toronto et Vancouver.»
La valeur de revente moyenne des propriétés, tous types confondus, a progressé de 1% entre le deuxième et le troisième trimestre au Québec, à 252 601$. Cette stabilisation, combinée au maintien d’un faible taux directeur par la Banque du Canada, a contribué à améliorer l’indice d’abordabilité trimestriel de Desjardins.

L’indice a grimpé de 2,6 points au troisième trimestre, à 147,5, ce qui signifie que le revenu disponible moyen des Québécois est supérieur de 47,5% au salaire exigé par les prêteurs hypothécaires pour financer l’achat d’une résidence au prix moyen. «Le report des hausses de taux donne une période de grâce au marché immobilier», a souligné Hélène Bégin.

À l’échelle canadienne, l’indice de Desjardins s’est aussi amélioré au troisième trimestre. Il a progressé de 4,5 points, à 126,7. Le prix moyen des propriétés a fléchi de 1,2% d’un trimestre à l’autre (362 015$), ce qui a contribué à cette meilleure accessibilité.

Desjardins souligne qu’un mouvement à la baisse s’est enclenché à Vancouver, où le prix moyen a reculé de 3,7%, à 777 404$. La ville reste tout de même la plus chère au pays, «et les risques de correction importante demeurent élevés puisque le marché est nettement surévalué depuis un certain temps déjà», indique l’institution.

Inégalités régionales

Au Québec, les données de la Fédération des chambres immobilières laissent transparaître plusieurs dynamiques régionales différentes. Le marché immobilier a été actif dans son ensemble au troisième trimestre, mais l’Abitibi-Témiscamingue s’est vraiment démarquée.

L’agglomération de Rouyn-Noranda a enregistré la plus forte hausse du nombre de transactions (+17%), ainsi que l’augmentation la plus salée du prix moyen (+20% pour une maison unifamiliale). Le marché locatif s’est montré tout aussi serré, avec 18 logements vacants à Rouyn-Noranda, et aucun à Val-d’Or! L’afflux de nombreux travailleurs miniers explique cette situation.

À l’opposé, certains secteurs ont enregistré des reculs au troisième trimestre. Le prix des appartements a par exemple baissé de 3% à Gatineau et de 21% à Mont-Tremblant.

Dans le Grand Montréal, le nombre global de transactions a augmenté de 4% pendant l’été, la première hausse depuis le début de 2010. Quelques secteurs ont affiché des hausses de prix surprenantes, dont l’arrondissement Saint-Laurent/Ahuntsic, où la valeur moyenne des maisons unifamiliales a bondi de 18%, à 511 282$.

Partout dans la province, le nombre d’inscriptions a poursuivi sa hausse, avec une progression de 14% sur un an. Ce nombre grandissant de propriétés à vendre donne plus de pouvoir de négociation aux acheteurs – et réduit la pression sur les prix.

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